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Bagawat : l’art funéraire chrétien à la fin de l’Antiquité

Le nom de Bagawat ne vous dit certainement rien. Ce site archéologique se situe au cœur de l’oasis de Kharga, à plus de 300 km à l’ouest de Louxor.  Là plus de 200 de tombes émergent du sable. Ce témoignage unique de l’art chrétien en Egypte constitue un maillon essentiel pour comprendre l’évolution de l’art funéraire chrétien durant la période byzantine (env. 395-642), même si le site remonte clairement à l’époque romaine. Période durant laquelle, les Coptes, les chrétiens d’Egypte, développent leur propre art et architecture, influencés au début par les Byzantins. Par François Tonic (textes & photos)

Pourquoi Bagawat ? Cette question est essentielle. Qui sont ces chrétiens vivant à proximité ? D’où venaient-ils ? D’Alexandrie ? De la province ? Sont-ce des chrétiens égyptiens ou retrouve-on encore des juifs chrétiens, pouvant prouver une installation dès le 2e siècle, époque durant laquelle, le christianisme commence à sortir de la communauté juive et qui commence à s’étendre dans toute l’Egypte. Des communautés entières s’exilent dans le désert pour échapper à la féroce répression romaine. Les Coptes s’enfuirent des grandes villes pour échapper aux armées byzantines. Les Coptes sont, pour les Byzantins, des hérétiques.

Malheureusement, nous ne connaissons rien des populations chrétiennes de Bagawat.

Une architecture de briques et les thèmes décoratifs

La grande variété de constructions à Bagawat est une chance. Car l’œil attentif perçoit les différentes architectures : forme de sarcophage, plan en basilique, chapelles avec dôme ou sans dôme, influence pharaonique, architecture typiquement romaine puis byzantine. Certaines sont isolées, d’autres tombes s’alignent de part et d’autre de « ruelles ».

Sur l’ensemble du site, seules trois chapelles préservent un riche décor peint : les tombes 25, 30 et 80.

Plusieurs thèmes reviennent quasi systématiquement : les formes géométriques, les formes végétales (fleurs, plantes diverses, raisons, etc.), les oiseaux (aigles ou faucons, colombes, pans). Des représentations humaines sont parfois visibles. Ces personnages évoquent le plus souvent des récits bibliques, des patriarches, des anges… Certaines peintures semblent très naïves, d’autres particulièrement raffinées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chapelle de l’Exode

La chapelle n°30 est surnommée, la chapelle de l’Exode : le récit de l’Exode y est raconté en image. Le décor prend place sur les parois du dôme. L’art est assez naïf mais il a une dynamique certaine. Nous y trouvons Noé et l’arche, Adam et Eve, les sacrifices d’Abraham, Jonas et la baleine, Moïse, les soldats égyptiens à la poursuite des Hébreux. Le décor s’articule sur deux « niveaux » et parfois, il est difficile de savoir où débute une scène et où elle se termine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chapelle de la Paix

Le monument le plus connu est la chapelle 80. Le décor est raffiné. Les artistes possédaient une maîtrise certaine. Sans aucun doute des artistes extérieurs de Bagawat. Pour les experts ce décor est unique dans l’art paléochrétien. Là encore, de nombreux thèmes bibliques : Daniel dans la fosse aux lions. Daniel est entouré par la représentation de la paix, de la justice et de la prière. Nous retrouvons aussi le sacrifice d’Abraham, Adam et Eve. La représentation de l’arche de Noé est un peu particulière car l’artiste a représenté la famille de Noé. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vestiges pharaoniques

L’ancienne civilisation est peu présente à Bagawat. Dans l’architecture, nous retrouvons parfois des corniches dites à l’égyptienne, des fenêtres typiquement égyptiennes mais l’architecture générale est résolument romaine. Dans la peinture, la présence pharaoniques est très discrète : la croix Ankh (croix de vie) est le seul élément pharaonique visible.

Dater Bagawat  

Nous savons que Bagawat est un site chrétien et plus précisément paléochrétien, c’est-à-dire, des premiers siècles du christianisme. Traditionnellement le paléochrétien va de la fin du 5e siècle au milieu du 7e siècle, en Egypte.

Dater plus précisément telle ou telle tombe de Bagawat est une autre affaire. Ainsi pour la chapelle de l’Exode, les experts évoquent une chronologie allant de 450 à 500 – 510. La chapelle de la Paix pourrait dater du 6e ou 7e, avec un art très influencé par l’art byzantin.

Bibliographie

Mahmoud Zibawi, Bagawat, éditions Picard, 2005

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